Juan Pablo Gutierrez

Photographe Colombien né il y a trente cinq ans, c’est un regard déjà plein de sagesse que Juan Pablo pose sur ce qui l’entoure, un mélange de spontanéité, de respect et d’authenticité.

Enfant du monde, il s’attache à mettre à la lumière de sa caméra les «brebis galeuses» de notre société, ceux qui dérangent tantôt les autorités, tantôt la société, afin de leur rendre le regard et leur dignité, trop souvent piétinée.

Vagabonds, indigènes, gitans, indigents, gens du voyage - qu’ils dorment sur un carton, une paillasse, sous un pont ou la taule d’un bidonville - le photographe va a leur rencontre sans fausse pitié et, empli d’humanité et de positivisme, il instaure un dialogue qui dépasse le pouvoir des mots et révèle l’essence de chacun.

« Dans mes travaux l'image n'est pas le produit d'un acte ponctuel, mais le résultat d'un travail qui déborde de loin le court moment de la prise de vue. L’image est l’aboutissement des longs moments de partage, d’honnêteté de rire, de comprendre et même de pleurer avec eux. Je veux montrer avec ma photographie un portrait multiple et surtout digne de la condition humaine. Pour ce faire il faut avoir de vrais engagements politiques et philosophiques, ceci est un moyen de revendication de l’humanité. »

Humble et pudique, comme il le fait lui-même avec ses modèles, il nous faudra l’apprivoiser pour l’entendre nous conter quelques anecdotes vécues au sein de la prestigieuse agence Magnum, ou encore nous confier les yeux brillants qu’il a été lauréat à deux reprises du grand prix de photo reportage Paris Match en 2008 et 2010 ou bien le Grand Prix de Photographie de l’Organisation des Etats Américains OEA.

Le talent et la posture philosophique de Juan Pablo Gutierrez sont des sources d’inspiration. Ces qualités lui ont valu la reconnaissance des plus importantes ONG défenseuses des droits humains du monde telles Amnesty International, Survival, Rights and Democracy ou l’UNICEF pour lesquelles il travaille dans l’actualité. 

 

Anne Etienne